Canicule et jardinage

Le dernier épisode de canicule en juillet a vraiment fait souffrir les jardins. Nos jardins de quartier n’ont pas été épargnés. Les légumes sous les fortes chaleurs, ont cessé de grandir, voir ont même tous simplement été brûlés par les grandes chaleurs.

évidemment, ces grandes chaleurs provoquent une évaporation plus intense, que ce soit pour l’évaporation de l’eau contenue dans la terre que pour ce qu’on appelle l’évapotranspiration, c’est à dire la transpiration des plantes. Cette transpiration est aussi compensée par un prélèvement plus intense de l’eau dans le sol par la plante.

Vous l’aurez compris, une des difficultés du jardinage en pleine canicule, c’est l’eau. Mais toute cette eau dans le sol, avec une chaleur intense peut aussi favoriser certaines bactéries et champignons pathogènes pour les plantes.

Mais dans nos jardins, nous arrosons peu. Ce qui a eu comme conséquence un déficit hydrique assez prononcé. Pour palier à ce déficit hydrique, il y a deux solutions complémentaires. La première est évidemment de pailler le plus possible de manière à créer une ombre et une isolation au sol. On va ainsi faire baisser la température du sol en pleine journée, diminuer l’écart de température entre le jour et la nuit et cela va freiner l’évaporation.

exemple de paillage au clos morcel à Belley

Même si cette année est très difficile au niveau de la canicule, c’est quand même la troisième année consécutive que nous subissons une canicule l’été avec un déficit de pluie qui semble aussi se cumuler (il a aussi très peu plu notamment dans les période où normalement il pleut). De ce fait, la terre était déjà trop sèche avant même l’apparition de la dernière canicule, ce qui a n’a fait qu’empirer les conséquence de celle-ci. Le déficit hydrique a atteint cette année même les eaux souterraines avec une assez grande ampleur

Même les légumes assez résistant à la sècheresse et à l’insolation comme les cardons (ici sur cette photo prise au clos marcel en juillet 2019) ont souffert.

Cette sècheresse, cumulée avec une canicule assez sévère a eu des conséquences sur nos forêts. Un grand nombre d’arbres sont morts en Europe et une majorité sont fragilisés. C’est à dire qu’ils seront plus sensibles aux attaques des agents pathogènes, moins aptes à leur résister, mais aussi que leur branches casseront plus facilement.

Ce dernier point est particulièrement à prendre en compte pour nos parcs et jardins où avec les canicules répétés, la tendance va être évidemment de planter de nouveaux arbres et de favoriser le développement de ceux existant.

exemple de paillage à Brillat-Savarin

Il faut aussi prendre en compte l’autre face du réchauffement climatique, c’est à dire l’augmentation d’orage plus violents entraînant des vents forts, de la foudre, et de la grêle. Ce qui là aussi contribue à encore fragiliser les plantes. C’est le cumule de ces deux facteurs, fragilité des arbres dû au déficit hydrique et vents violent qui ont provoqué par exemple les dégâts à Tresserve et à Aix-les-bains au début juillet 2019 et les ravages en Bresse le 09 et 10 août 2019.

L’autre face du réchauffement climatique, et cela personne ne s’en souvient ( Il est impressionnant de voir notre faculté à oublier. J’y reviendrai), ça a été il y a 4 et 5 ans de cela, des étés extrêmement pluvieux avec une température générale paradoxalement assez basse.

A cause de cet type de météo, les sols étaient au contraire gorgés d’eau. Cela favorisait le développement des adventices mais aussi des limaces et escargots (qui mangeaient même les solanacées – tomates et pommes de terre). Cette atmosphère extrêmement humide favorisait l’Oïdium et le mildiou. D’où l’idée de couvrir les tomates avec un plastique pour serre. Après deux années de météos comme celle-ci, tous le monde couvrait ses tomates. Mais ces équipements furent l’année suivante, avec une canicule et une sècheresse, des inconvénients qui provoquèrent plus de mal que ne rien faire du tout.

L’augmentation des températures moyennes dans le globe va accroître ces phénomènes. On a eu par exemple un mois de juin caniculaire et un mois de septembre pluvieux et glacial ce qui a accélérer les phénomènes de mildiou. Cette année la solution a été les jardins à l’ombre en plein Nord. Mais il suffit d’une baisse de température pour que ce type de jardin montre tous ses inconvénients.

Les cultures plein Nord (ici au clos marcel, juillet 2019, pleine canicule) ont très bien résisté. Les salades qui sont fragiles à l’insolation sont en pleine formes.

Une des solution est le récupérateur d’eau. Mais cette réserve est rapidement épuisée (elle l’a été rapidement pour nous il y a deux ans avec un récupérateur de 800 l.). Beaucoup de récupérateurs sont en outre plus petits (150 à 200 l.). Pour vous donner une idée, deux arrosoirs c’est environ 15 l. d’eau. Il suffit donc de 10 rotations pour vider un récupérateur de 150 l.

Si le récupérateur d’eau est quand même une bonne solution d’appoint (il faut aussi veiller que cela ne devienne pas des lieu de développement des moustiques. Rappelons que le moustique tigre est à nos portes et qu’il se développe déjà dans des lieux de montagne dans les Alpes. Rappelons que le moustique tigre véhicule des pathogènes comme le Chikungunya et le paludisme.

Un des solutions est aussi d’enrichir son sol de compost. L’avantage du compost, c’est qu’il a une capacité de rétention en eau assez phénoménale. Il se combine évidemment avec l’argile pour former le complexe argilo-humique. Cela peut aussi résoudre le problème d’une terre trop argileuse. Le compost peut être aussi utilisé comme paillage. Mais ce sera un paillage assez fin (quelques cm) et sa couleur noire favorise l’augmentation de température au sol. De ce fait, c’est bien de mettre ce compost à la fin de l’hivers de manière à réchauffer le sol. Puis de la pailler pour l’été.

les composteurs de Brillat-Savarin. C’est aussi un fabuleux garde mangé pour les oiseaux qui trouvent un surplus de nourritures dans les insectes qui s’y reproduisent. Les oiseaux sont idéales aussi pour une culture biologique. Ils remplacent en mieux les insecticides sur les cultures.

Enfin, si ce phénomène s’aggrave, il sera alors nécessaire de choisir des légumes moins gourmant en eau comme l’endive qui a une racine profonde ce qui lui permet de capter plus d’eau souterraine. Il sera aussi nécessaire de protéger nos cultures par des ombrages. Dans les pays du Sahara où cette problématique existe depuis toujours, les cultures sont surmontées par l’ombre des arbres fruitiers qui elle-même est surmontées par l’ombre des palmiers.

Emmanuel Coux

1 Commentaire

  1. Rapaud

    Félicitations aux jard’Ain partagés de Belley,
    Bonne continuation

    Odile. Perouges

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